ORTIE
ariété : Urtica Dioïca
Famille des Lamiacées
Partie utilisée : feuilles et racines
Principales Utilisations :
Douleurs rhumatismales, chute des cheveux, acné, infections urinaires, troubles de la miction d'origine prostatique, ...
DESCRIPTIF
C'est une plante vivace herbacée de 60 à 150 cm de hauteur, formant des colonies grâce à ses longs rhizomes. Tous ses organes sont recouverts de deux types de poils : de longs poils urticants et de petits poils souples. Ses tiges sont dressées et non ramifiées.
Les feuilles vert foncé, opposées, ovales à lancéolées, sont en général deux fois plus longues que larges. Elles sont bordées de fortes dents triangulaires. Les cellules épidermiques renferment des corpuscules calcifiés appelés cystolithes. La forme plus ou moins allongée des cystolithes est un caractère dérivé propre aux Urticacées1.
Les fleurs sont unisexuées, minuscules et réunies en grappes, mâles et femelles sur des pieds différents (pour la forme dioïque2). Les grappes femelles sont tombantes, les grappes mâles dressées. La fleur femelle est formée de 4 tépales dont deux beaucoup plus gros enveloppant un ovaire uniloculaire et deux petits extérieurs. La fleur mâle comporte 4 tépales et 4 étamines, recourbées dans le bouton et se redressant de manière élastique à l'anthèse, en projetant au loin un petit nuage de pollen. La pollinisation est anémophile.
HISTORIQUE
- En occident, depuis l’antiquité, l’ortie est considérée comme un hémostatique puissant. En Grèce, Dioscoride (Ier siècle) prescrivait l’utilisation de feuilles fraiches pour les métrorragies, les blessures infectées et l’application de son jus pour les saignements de nez. Au XVIIIe siècle, Chonel la considérait comme « l’un des plus assurés remèdes pour le crachement de sang, et pour les hémorragies ». Elle était reconnue pour ses propriétés astringentes, antidiarrhéiques, antidiabétiques et dépuratives. Elle fut inscrite au Codex de la Pharmacopée française en 1818. Jusqu’au XIXe siècle, on considérait que les flagellations du corps avec une botte d’ortie étaient un moyen efficace de lutter contre les douleurs rhumatismales.
- En Inde, la médecine ayurvédique fait entrer l'ortie dans les régimes alimentaires appropriés au type Kapha (individus calmes, de forte corpulence devant privilégier les substances chaudes, âcres et piquantes).
COMPOSANTS
Les feuilles de la grande ortie sont très riches en protéines.
Elles contiennent aussi :
* des flavonoïdes (dérivés du quercétol, du kaempférol et de l'isorhamnétol) ;
* des sels minéraux (calcium, potassium, silice) et des vitamines A et C ;
* des acides-phénols (acide caféique, acide caféyl-malique, acide chlorogénique) ;
* du scopolétol, sitostérol, ainsi que des glycoprotéines, lipides, sucres et acides aminés libres.
Les racines de la grande ortie renferment des polysaccharides, une lectine, de nombreux composés phénoliques (acides-phénols, scopolétol, aldéhydes et alcools phénylpropaniques et homovanillique), des lignanes.
On note aussi la présence de stérols comme le sitostérol.
L’action urticante est due au liquide contenu dans la base des poils. Il comprend de l'acide formique, de l’histamine, de l’acétylcholine, de la sérotonine et des leucotriènes.
PROPRIETES
La racine d’ortie est réputée bénéfique sur l'hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) sans que les substances actives n’aient été formellement identifiées. Pour Jean Bruneton : « En l’absence d’études cliniques incontestables, la racine d’ortie est, en France et par voie orale (Note Expl., 1998), traditionnellement utilisée comme adjuvant dans les troubles de la miction d’origine prostatique et pour favoriser l’élimination rénale de l’eau. Pour la Commission E allemande, la racine d’ortie augmente le volume et le débit urinaire, elle réduit le résidu post-mictionnel. Elle est donc utilisée dans les difficultés urinaires liées aux stades I et II de l’hypertrophie prostatique bénigne. »
- Les feuilles d’ortie sont réputées anti-asthéniques et anti-anémiques. Traditionnellement utilisé dans les infections urinaires, dans les états séborrhéiques de la peau: on trouve en vente des lotions capillaires et des shampoings pour le traitement de la chute des cheveux, des cheveux gras et des pellicules.
- L’Allemagne a une longue tradition d’utilisation des tiges feuillées d’ortie dans le traitement adjuvant des douleurs rhumatismales. Des études indiquent que des extraits de feuilles peuvent réduire ex-vivo in-vitro le TNF-α et l'interleukine-1 β, des cytokines impliquées dans les réactions inflammatoires.